20 févr. 2017

sensation...




"Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme..."
Arthur Rimbaud
Sensation



"Chanter ! quoi donc chanter ?
La bise et la brume, les feuilles qui tombent, le vent qui pleure?"
George Sand




Demain je t’amènerai
Dans les sous-bois où le soleil joue
Avec la cardamine et le coucou
Demain si la chance nous accompagne
Nous traverserons des flaques de lumière
Avant de nous perdre dans l’ombre


Pas de gorilles dans la brume
de morilles je ne sais pas
mais …

si m'en croyez
on dirait qu'un frileux printemps
sur la pointe des pieds
s'avance à travers champs
dans un voile de brume
qu'un rai de soleil allume
les arbres s'éveillent
aux chants des oiseaux
les prés s'embuent de rosée
le cœur de douce mélancolie
si m'en croyez 

Amichel



Mi-ombre à mi-pente
l'arbre troue dans son élan
la lumière floue

Miss Yves



L'aube ...."alors je levai un à un les voiles. Dans l'allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l'ai dénoncé au coq. A la grand'ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre, je la chassais.
Eh haut de la route, près d'un bois de lauriers, je l'ai entourée avec ses voiles amassés, et j'ai senti un peu son immense corps. L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois.
Au réveil, il était midi".
Arthur Rimbaud
Illuminations.



La danse dans les jambes,
l'arbre descendait la pente,
rejoignant les autres à l'orée du bois.
Biniou et bombarde emportaient déjà,
les danseurs dans un an dro,
jusqu'au bout de la nuit.

Roger Dautais




Brume

Je ne sais
Si la lumière est d’ici
Ou bien de là-bas.

Irréelle, issue des légendes
Elle joue dans la brume
Sa partition insolite.

Les arbres s’éveillent
Tantôt feuillus
Ou bien encore nus.

Les troncs montent
Joints comme les doigts
D’une main offerte au ciel.

Du ciel, il n’en est point
Évaporé dans l’argenté
Comme le sol, il s’effeuille léger.

Maïté Aliénor


34 commentaires:

  1. Belle ambiance ...et un de mes poèmes préférés !

    Bises.

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  2. cc
    je suis comme embrumé...
    hummm j aime..cela..
    bzzz
    claire

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  3. "Sensation"inédite avec ta photo pleine de mystère .
    Le poème de Rimbaud lui va bien.

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  4. Cette composition est superbe. Un peu de brume dans un soleil rasant et dans le fond un bâtiment qu'on pourrait penser une église. L'arbre nu et son tapis de feuille invitent à la réflexion sur notre existence qui passe et sur les saisons qui défilent dans nos vies.

    Rimbaud a raison: il n'y a pas toujours besoin de parler, d'exprimer en mots ce que l'on ressent, juste à laisser le silence venir à nous et nous envahir de sa sérénité.

    Merci pour ce très beau billet mystique et mystérieux. Bises

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  5. Je suis furieuse, la citation s'affiche en tout petits caractères. Rien à faire. Il faudra retenter demain
    Bonne après-midi à tous !

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    1. J'ai rapproché l'écran de mes yeux et j'ai arraché tous les câbles. :-))))(je rigole)

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    2. J'ai failli arracher tous les câbles, Dédé ! C'est en cliquant sur le bouton T barré en rouge au niveau de la mise en forme que les choses ont pu bouger et se mettre en place correctement. Mystérieux parfois tout cela...

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  6. (Oh ne t'en fais pas, un coup de souris et une touche et on agrandit)

    Tout en délicatesse, la photo et le texte, je repars sur la pointe des pieds----

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  7. Ta photo est magnifique Fifi et tu as aussi ton arbre :-)
    J'aime la douce lumière qui l'entoure, la brume et le soleil. C'est de toute beauté et merci pour les mots de Rimbaud.
    Bel après-midi et mes bisous ♥

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  8. "Chanter ! quoi donc chanter ?
    La bise et la brume, les feuilles qui tombent, le vent qui pleure?"
    George Sand

    Merveilleuse photo chère Fifi!

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  9. La douceur des brumes qui passent tranquillement et animent nos rêveries.

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  10. quelle lumière !!
    bravo de nous l'avoir captée

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  11. 'sensas' la sensation !!...

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    1. un peu magique la brume avec le soleil :-)

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  12. Merveilleuse image ! digne des légendes arthuriennes. On s'attend à voir passer une licorne, sortant de l'ombre au bas de la pente.
    Merci, chère Fifi, pour cet enchantement

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  13. L'arbre lentement revit, il sent la venue du printemps...


    Demain je t’amènerai
    Dans les sous-bois où le soleil joue
    Avec la cardamine et le coucou
    Demain si la chance nous accompagne
    Nous traverserons des flaques de lumière
    Avant de nous perdre dans l’ombre

    ... etc...

    Gros bisous Fifi, bravo pour ta très belle photo

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  14. Coucou Fifi.
    Belle image! Instant éphémère qui fait rêver...
    j'aime bien les poésies.
    Très bonne semaine, A + 🦋 🥀

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  15. Quelle jolie photo, Fifi !
    Sur une légère pente herbacée et ensoleillée d'un côté et recouverte de feuilles morte d'un autre, tapis de feuilles sous un arbre ou deux peut-être ou peut être un seul d'où s'élancent des troncs et des branche dans une atmosphère brumeuse.
    Le rai de soleil pose une ligne jaune dorée sur les branches, desquelles sont accrochés quelques feuilles survivantes et des gouttes de rosée. Quel magnifique tableau hivernal !
    Bises

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  16. Pas de gorilles dans la brume
    de morilles je ne sais pas
    mais …

    si m'en croyez
    on dirait qu'un frileux printemps
    sur la pointe des pieds
    s'avance à travers champs
    dans un voile de brume
    qu'un rai de soleil allume
    les arbres s'éveillent
    aux chants des oiseaux
    les prés s'embuent de rosée
    le cœur de douce mélancolie
    si m'en croyez

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    1. Cadeau matinal de quelques instants, comme tout ce qui touche à la lumière, à la brume.
      Je suis ravie qu'il vous inspire ce "coeur de douce mélancolie"
      PS
      Je confirme, pas de gorilles, morilles "je ne sais pas" :-)
      Merci Amichel !

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  17. Mi-ombre à mi-pente
    l'arbre troue dans son élan
    la lumière floue

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  18. Tout en délicatesse cette image vaporeuse à souhaits, harmonieusement décrit par les petits poèmes qui l'accompagne.

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  19. Quelle photo magnifique ! Elle est un bel hommage aux forêts le matin quand la brume se dissipe. Merci.

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  20. Le brouillard me fait perdre tous mes repères je ne sais plus où est le haut et le bas ce qui est bien difficile lorsqu'on est en haut d'une pente avec des skis aux pieds. Mais là il faut monter car si on regarde ses pieds justement on s'aperçoit que l'on est à l'orée du bois. Tu as saisi encore une fois un moment fugace, lorsque le brouillard se lève, la magie et la confusion des sens disparaissent

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  21. Comme si toutes les pensées s'évaporaient en une myriade de pierres précieuses
    Belle soirée

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  22. Comme cette photo est belle ♥, et comme j'aimerais pouvoir la traverser et me retrouver dans ce paysage...
    Merci Fifi pour ce moment de bonheur. :-)
    Beau week-end à toi.

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  23. L'aube ...."alors je levai un à un les voiles. Dans l'allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l'ai dénoncé au coq. A la grand'ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre, je la chassais.
    Eh haut de la route, près d'un bois de lauriers, je l'ai entourée avec ses voiles amassés, et j'ai senti un peu son immense corps. L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois.
    Au réveil, il était midi".
    Arthur Rimbaud
    Illuminations.

    Merci Fifi pour cette belle vision poétique, onirique.
    Je te souhaite un très agréable week-end.
    Je t'embrasse.
    Den

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  24. La danse dans les jambes, l'arbre descendait la pente, rejoignant les autres à l'orée du bois. Biniou et bombarde emportaient déjà, les danseurs dans un an dro, jusqu'au bout de la nuit.

    Roger

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  25. Superbe image !
    Une belle photo d'ambiance :-)

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  26. dans la brume matinale l'arbre souriait???

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  27. Quelle belle compagnie que celle d ela brume en compagnie de Rimbaud.

    Brume

    Je ne sais
    Si la lumière est d’ici
    Ou bien de là-bas.

    Irréelle, issue des légendes
    Elle joue dans la brume
    Sa partition insolite.

    Les arbres s’éveillent
    Tantôt feuillus
    Ou bien encore nus.

    Les troncs montent
    Joints comme les doigts
    D’une main offerte au ciel.

    Du ciel, il n’en est point
    Évaporé dans l’argenté
    Comme le sol, il s’effeuille léger.

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  28. Il ne manquait que l'oiseau silencieux pour me raconter la fin de l'hiver...
    Très belle sensation !

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