30 mars 2015

entrelacs...



Brodées ton sur ton
passementeries guipures
Prunus au printemps



Le printemps

Les bourgeons verts, les bourgeons blancs
Percent déjà le bout des branches,
Et, près des ruisseaux, des étangs
Aux bords parsemés de pervenches,
Teintent les arbustes tremblants ;

Les bourgeons blancs, les bourgeons roses,
Sur les buissons, les espaliers,
Vont se changer en fleurs écloses ;
Et les oiseaux, dans les halliers,
Entre eux déjà parlent de roses ;

Les bourgeons verts, les bourgeons gris,
Reluisant de gomme et de sève

Recouvrent l’écorce qui crève
Le long des rameaux amoindris ;
Les bourgeons blancs, les bourgeons rouges,
Sèment l’éveil universel,
Depuis les cours noires des bouges


Jusqu’au pur sommet sur lequel,
O neige éclatante, tu bouges ;
Bourgeons laiteux des marronniers,
Bourgeons de bronze des vieux chênes,
Bourgeons mauves des amandiers,
Bourgeons glauques des jeunes frênes,
Bourgeons cramoisis des pommiers,

Bourgeons d’ambre pâle du saule,
Leur frisson se propage et court,
A travers tout, vers le froid pôle,
Et grandissant avec le jour
Qui lentement sort de sa geôle,
Jette sur le bois, le pré,
Le mont, le val, les champs , les sables,
Son immense réseau tout prêt
A s’ouvrir en fleurs innombrables
Sur le monde transfiguré.
Auguste Angellier




Prunus en folie
Bourgeons prêts à éclater
Sacre du printemps 

Josette T


Baies roses
Bonbons doucereux
pour petits bambins joyeux.

Naline


Boutons rose dragée
Bientôt pétales envolés
En pluie retombés 

Tilia


Entrelacs

Un rameau, des bourgeons explosent en étoile
Une guirlande, ses lampions rosissent au jour.

Les branches tissent l’espace, tissent la toile
Où se déroule le film de la vie en accéléré.

Notre regard cherche le bouton encore resserré
La fleur, la toute première à s’offrir à la luminosité.

Soudain, les branches semblent transfigurées
De baisers volés au mauvais temps d’avant.

Le printemps semble généreux. Il est venu
Le temps des nids est des oiseaux fleuris.

Mais aux premières gouttes, il pleut des pétales
Il pleut des baisers, il pleut des plumes si légères

Place aux tendres feuilles ressuscitant la frondaison
L’arbre s’illumine jour après jour pour la belle saison .

Maïté Aliénor


Le ciel parfois est encore bougon
mais le printemps vient avec ses bourgeons
quand le soleil sera plus constant
on verra des kermesses de mille fleurs
et le rire éclatant des fruits vermeils
c'est la promesse des douces cantates
aux notes roses des prunus
une petite musique d'avenir 

Amichel


27 mars 2015

"elle me raconte une histoire..."






Mamie dis moi
connais-tu l'histoire du beau chat
botté, fier et chapeauté ?
Oui ma jolie mais sais-tu
que ce chat avec son petit air sournois
roulera le meunier qui devrait s'en méfier
ce chat est un opportuniste !
Ecoute cette histoire
que Fifi te propose
qui t'en apprendras sur ses aventures
et ses turpitudes
cliques sur la bobinette
réveille la souris
et l'histoire se déroulera
soyons modernes mon enfant !

Marine D



1,2,3, chut, chut !!!
Tu n'as donc pas entendu ?
La porte de l'histoire est ouverte !
Écoutons !!!!

Enitram



Je racontais un conte
A quatre ou cinq marmots, auditoire choisi,
Et j'en étais, je crois, à l'endroit que voici :
"... Dans un instant où Dieu tournait le dos, le diable
Se glissa, sans rien dire et d'un air amiable,
Ce qu'il fait très souvent, derrière le bon Dieu ;
Il coupa dans le ciel un morceau de drap bleu,
Et, pour cacher le trou, mit dessus un nuage... "
Jeanne m'interrompit. - Allons, Jeanne, sois sage,
Dit George, intéressé par le diable et par Dieu ;
Nous écoutons, tais-toi. - Jeanne s'en troubla peu.
- Je croyais que le ciel, dit-elle, était en soie.

Victor Hugo « La Dernière Gerbe » 1902

Tilia


Cric et crac mon histoire est commencée
Tu voudrais l’écouter ? Il faut essuyer tes pieds
A la porte du château du Marquis de Carabas…
« Courra, courra pas » , c’est moi le Chat
C’est toi le rat, le petit rat qui fut pris
Dans les plumes du chapeau
Qui trembla sous les bottes du Chat.
Je ne donne pas ma langue au Chat
Il est bien trop malin et serait capable
De faire aussi tourner les ailes du moulin.
Quant à l’âne, il est bien discret
Et reste éloigné des mondanités.
La belle princesse pour Le Marquis craqua
Car apparu dans le plus simple appareil.
Il se vêtit à la mode et dans l’art de la révérence
Abîma son dos lorsque son nez toucha le sol
Une fois de trop. Le Chat, grand seigneur…
Vous n’y pensez pas !Il eut les plus beaux coussins
Et devin, comme toujours, prit ses rêves pour la réalité.
Cric et crac, mon histoire est terminée
Tes yeux semblent papilloter
Tu vas t’endormir en suçant ton pouce
Sur les ailes du vent.

Maïté Aliénor


Mon beau chaton
fait bien attention
à tous ces fripons
qui sont sur le pont
Mon chaton tout beau
il ne faut pas confondre
le loup et l'agneau
qui s'est laissé tondre
Mamie te racontera
et pas à pas tu avanceras
sur la route de la vie
bordée de chemin fleuris

JosetteT


22 mars 2015

cuvée 2015




L'anémone et l'ancolie
Ont poussé dans le jardin
Où dort la mélancolie
Entre l'amour et le dédain
Guillaume Apollinaire






Pulsatille...pulsation, pulsion
Retour des anémones impulsives
Et des photographes inventives
C'est déjà la belle saison

Au mois de mars, grêle de flashs.
Les anémones pulsatilles
Anticipent le mois d'avril.
Léger, le vent fait vibrer
Le fin duvet de leur tige
Et notre cœur qui se livre
Tandis que l'abeille s'enivre
Dans la bulle du campanile

Entonnons un faux bourdon:
C'est déjà la belle saison.

Miss Yves







Vibre l'anémone
flashs en jaune et en violet
Plongée dans l'intime
Miss Yves



" Celui qui fait fleurir la fleur travaille si simplement ..." 
Tagore 
envoyé par Mathilde



Une gerbe d'or
impulsive pulsatille
jaillit de ton cœur

Tilia


Crocus au cœur d'or
et Fifi sous le charme
éclipse la lune

Josette T 





Cœur pulsé
en ce matin de mars
or et soieries
le crocus est en transes
le vent est son archet

Marine D


Cadeau délicat
Dans son papier de soie
Étincelles de joie
Adieu le froid....

Claire Fo


Les belles fleurs sont impudiques
Dévoilant dans les plis de leur robe
Tout le charme des gynécées.
Au bal les étamines se préparent
Jaunissent de pollen, frétillent
Aux assauts du vent et cachent leur jeu
De belles séductrices au bout de leur pistil.
Serrées l’une contre l’autre, les anémones
Fredonnent et froufroutent leurs pétales
S’ouvriront-elles ou pas ? Se feront-elles désirer ?
Avanceront-elles masquées ne montrant de leur tige
Qu’un fin duvet à croquer. Parsèmeront-elles leurs atouts
En échange d’un baiser dispensé du bout des ailes ?
Au bal du printemps, les belles anémones ont rendez-vous…
Fifi voit tout. Fifi attend aussi. Les histoires de prince charmant
Et de belles au cœur d’or n’en finissent plus d’exploser.
Dans la gazette mondaine des pulsatilles il est écrit :
Dame anémone a fait son entrée : jouez violons, accordez vos fils d’or !

Maïté Aliénor


 

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