Jean 12,46
"Être vivant, c'est être vu, entrer dans la lumière d'un regard aimant."
Christian Bobin
L'inespérée
"Être vivant, c'est être vu, entrer dans la lumière d'un regard aimant."
Christian Bobin
L'inespérée
Si nous regardions bien, si nous regardions calmement, nous serions effrayés par la souveraineté de la moindre pâquerette : elle est là, toute bête, toute jaune.
Pour être là, elle a dû traverser des morts et des déserts. Pour être là, tout menue, elle a dû livrer des guerres sans pitié.
Christian Bobin
L'équilibriste
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Dans tes pâquerettes
Jolie fermette
J'aime apparaître
Et faire la fête
2---------------------
Râ des pâquerettes
en escampette
jolies pâquerettes
vous ferez la fête
si ça te convient
tu as l'embarras du choix
Amitié
Humble et éphémère
La pâquerette dans les prés
Dans le vent virevolte
Marie
M. le sous-préfet est couché dans l'herbe,
Aujourd'hui, le temps est vraiment superbe.
Il en profite pour écrire une opérette,
Tout en mâchonnant des pâquerettes..
Lève donc la tête,
Pâquerette,
Fini, les tempêtes
Le bleu du ciel nous entête
Et tu rosis, trop modeste
Belle dans ta collerette.
le soleil te réveille
de ton hibernation.
couronne de pétales
sur ton piédestal
le soleil te révèle
pour notre admiration.
pâquerette tu combles
notre quête d'amour
Enfin pissenlits
pâquerettes et boutons d'or
ont fleuri dans le jardin
Je sens l'esprit du printemps
qui rôde sous la mousse
"Fie-toi aux fleurs ! Toute fleur est une goutte de courage, une transfusion de couleurs dans nos veines flétries de ne croire qu'aux ténèbres. Ce n'est rien, mais c'est un rien imprévu qui fait vibrer l'air autour d'un point d'humilité."
Christian Bobin
"Les fleurs commentaient le ciel bien avant les premiers textes sacrés. Leurs apparitions ont depuis toujours répondu à Darwin, seul homme qui descendait du singe, évoquant l'abominable mystère des fleurs."
Christian Bobin
Le murmure
Belles fêtes de Pâques à vous tous !
Sur le pré semées
par le soleil malicieux
Taches de blancheur
Tubes de couleurs
pointilleux ou pointilliste
le peintre s’amuse
Embrasser le pré
D'un regard émerveillé
Printemps je t'aime
si belles nos fleurs
d'une perfection mathématique
Phénoménale
Fleurs blanches du gai printemps
Éclairez nos pas
Dans les champs de nos espoirs
touches multicolores
petites fleurs par milliers
enchantent mon cœur
grande tache blanche
l'abominable homme des neiges
a éternué sur le pré
Quand la fleur rejoint le sacré
Elle transforme le monde en paradis
Notre vie rebondit
Comme la source jaillissante
D'un premier matin
"C’est venu ce matin…
Sans tes mots, sans ta voix, ton rire époustouflant
Avancer dans la vie deviendrait éreintant
La solitude, le deuil et bien sûr le printemps
Ont fait jaillir tes mots merveilleux, résistants
Te lire ou t’écouter exalte le vivant.
Où puisais-tu cela dans un monde assommant ?
A la barbe des nuages
Au front des chênes géants
Dans la pâquerette fragile ou dans
Le coquelicot » fleurissant par surprise »
Tu faisais reculer la laideur menaçante
Tes livres à mes côtés et j’étais conquérante …
Je n’ai jamais osé t’écrire de ton vivant
J’ai appris qu’il fallait oser, absolument.
Gratitude infinie envers toi, cher Christian."
Chantal Bouley
"Le moins absurde, ce sont les fleurs. Elles sont des cris de toutes les couleurs.
La moindre pâquerette cherche désespérément à se faire entendre de nous. Sa parole c'est sa couleur...
Des souffles colorés traversent le pré. Les fleurs sont les premières gouttes de pluie de l'éternel"
Christian Bobin L'homme-joie
ouvertes mais discrètes
les candides pâquerettes
chuchotent à tue-tête
un chant de bonheur
pour célébrer l'arbre en fleurs
vibrant de splendeur
Neige au mois de mai
au balcon ce n’est point Pâques
mais les pâquerettes
Au flou des images
cueillons des bribes de joie
bien fou qui s’en prive
Est venue la pâquerette
et puis le coquelicot
en même temps que la rose...
Oh la belle nature de mai
qui explose et nous émerveille
La stellaire et la violette
poussent au bord du fossé
et dans l'herbe haute
odorante et mouvante
tout un monde empressé
ne connait pas la contrainte.
A poussé le coquelicot
a neigé la pâquerette
a embaumé la rose ancienne...

Bonnes et belles fêtes à vous tous !
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"La certitude d'avoir été, un jour, une fois, aimé -
c'est l'envol définitif du coeur dans la lumière."
Christian Bobin
L'éloignement du monde
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Lumières tamisées
flaques brillantes au pavois
selon l'humeur
couleurs de vitrail
issues de la cathédrale
magnifient la rue
Couleurs posées sur la trame
Tapisserie-lumière du jour
Comme les mots du poète
En point de fuite de l’ombre.
*
"tous ses amis pleuraient..."
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Merci infiniment cher Monsieur Bobin. Je pleure quelqu'un que je n'ai jamais eu le bonheur de rencontrer mais qui était si proche de l'essentiel, de l'essentiel qui fait vivre, qui savait le débusquer avec justesse pour l'offrir, pour redonner des forces vives quand elles faisaient défaut. C'était un ange égaré sur terre mais quand son rire chaleureux surgissait, son amitié bien charnelle venait à notre rencontre et nous redonnait la lumière encore une fois
Que notre gratitude l'accompagne. Et que la Joie l'accueille.
Christian Bobin le dimanche 2 octobre 2022 sur France Inter
Il est décédé le 23 novembre 2022
"D'abord le tronc, puis les branches maîtresses qui cherchent chacune de leur côté, puis les branches secondaires qui naissent des précédentes mais divergent sur un point, émettent un autre avis, enfin les plus hauts rameaux qui raclent la peau du ciel : autant de tâtonnements, d'essais, d'échecs mille chemins inventés pour aller vers la lumière"
Christian Bobin
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"Les arbres sont de grands sages... bien ancrés dans le sol, ils sont à l'écoute de la terre, mais cela ne les empêche pas d'avoir la tête dans les nuages et d'écouter les histoires du vent...et toujours vouloir aller plus haut, vers la lumière. L'arbre qui ne se nourrit de ses racines est un arbre condamné."
Michel Tournier
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"Décembre. Il fait froid et sec. J'entends les morts qui se
rapprochent de nous, j'entends les os des feuilles mortes craquer sous
leurs pieds de lumière. L'hiver fait le travail des grands maîtres : il
simplifie."
Une Bibliothèque de nuages
Christian Bobin
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Enraciné dans le ciel comme dans la terre
l'arbre relie l'ombre à la lumière
père et mère de l'univers
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Instant de grâce
dans l'arbre la lumière
chante l'éternité
Sans ta lumière Seigneur,
Où irions-nous dans ce monde ?
La mer est immense sans ta présence,
Que ferions-nous ?
Simone
"Dire: cette vie est un jardin de roses, c'est mentir. Dire : cette vie est un champ de ruines, c'est mentir.Dire : je sais les horreurs de cette vie et je ne me lasserai jamais d'en débusquer les merveilles, c'est faire son travail d'homme, et vous le savez bien : ce genre de travail n'est jamais fini..."
Christian Bobin
Donne-moi quelque chose qui ne meurt pas
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Vite, roulons sous le barbelé
allons gambader dans les près
admirer le ciel étoilé
quand le soleil sera couché
..."une année de Joie, une année de « vraiment soi » mais pas seulement « pour soi »,
une année de « et si… », une année de « pour » et une année de « oui » .
Une année de « pour qui » mais sans trop de « pourquoi ? ».
Une année pleine d’ « avec » et d’envies."
Raphaël Buyse.
Ne dites pas : la vie est un joyeux festin ;
Ou c'est d'un esprit sot ou c'est d'une âme basse.
Surtout ne dites point : elle est malheur sans fin ;
C'est d'un mauvais courage et qui trop tôt se lasse.
Riez comme au printemps s'agitent les rameaux,
Pleurez comme la bise ou le flot sur la grève,
Goûtez tous les plaisirs et souffrez tous les maux ;
Et dites : c'est beaucoup et c'est l'ombre d'un rêve.
Jean Moréas (1870 -1910 )
Trouver sur ses voies de lumière et d'ombre
quelque chose qui ne meurt pas
un esprit, un sourire
celui qui éclaire le chemin
qui efface les larmes
qui est un baume et un espoir
Le chant de la passante
dans l'orange du soir
aura le parfum de la rose
Tous les passants s'en sont allés
Plus rapides que la mémoire
Ecrire un petit bout d'histoire
Les uns debout, d'autres couchés.....
Barbara
Le vieux saule
Quand l’été nonchalant prend la main de l’automne
S’abandonnant à sa douce mélancolie
Quand dans le vent léger les fleurs des champs frissonnent
Nous irons embrasser la rose et l’ancolie
Avant que leur beauté ne se fane et s’oublie
Avant que le ciel bleu passe au gris monotone
Nous nous reposerons sur le banc près du saule
Dont la chevelure qui se mire dans l’eau
S’agite lentement quand la brise la frôle
L’arbre alors semble avoir de douloureux sanglots
Qui ouvrent dans nos cœurs de nostalgiques échos
Tu poseras ta tête au creux de mon épaule
Des beaux jours des moissons gardons le souvenir
Et laissons nous griser par le vin des vendanges
Car en toute saison on trouve du plaisir
Soit au vol de l’alouette ou aux chants des mésanges
Soit quand tombe en hiver tout le duvet des anges
L’amour qui nous unit est gage d’avenir
Amichel